Histoire du club

La naissance du SMUC

Jean Sans est un professeur d'éducation physique venu de Toulouse et enseignant au Lycée Thiers depuis deux ans. Avec ses élèves, il cherche à recréer l'ambiance et l'esprit universitaires qu'il avait connus dans la ville rose. En mars 1923, en compagnie d’un collègue de l'Ecole d'Electricité, il fonde le Sports Marseillais Université Club.

A ce moment-là, le club universitaire n'est composé que de rugbymen et d'athlètes sprinters. Il souhaite compléter ses effectifs avec des coureurs de demi-fond et des footballeurs. Or, parmi ses élèves les plus doués se trouvent de jeunes champions appartenant à un club d'Endoume: le Stade Marseillais. Le président du Stade Marseillais, Antoine Susini, et son secrétaire Jean Fabre, contactés par l'intermédiaire des étudiants Edouard Grange et Raymond Coumes, se mettent rapidement d'accord avec Jean Sans.

Ainsi, le 11 juin 1923, le Sports Marseillais Université Club et le Stade Marseillais fusionnent pour donner naissance au Stade Marseillais Université Club, dont les membres se réuniront au Café de la Banque, boulevard Paul Peytral dans le 6ème arrondissement. (Estrangin)

 

Les Présidents de la section

En 90 ans d'existence, il y a eu bien des gens de qualité pour assurer au SMUC la continuité d'une discipline difficile parce que grande. Il nous est de citer tant de dirigeants dont l'obscur dévouement, l'inlassable persévérance ont fait le football smuciste, dans le plus pur esprit sportif.
Voici donc le nom des Présidents bénévoles et bénéfiques qui se sont succédés :

1923 : M. Susini
1926 : M. Fernand Mossé
1928 : M. Rodolphe Sorba
1930 : M. Mathieu
1931 : MM Fernand Mossé & Rippert
1934 : M. Jean Kitaeff
1935 : M. Jean Fabre
1937 : M. Charles Divorne
1938 : M. Jean Fabre
1940 : M. Roger Sicard
1946 : M. Charles David
1949 : M. Roger Sicard
1951 : Dr Henri Fiorentini
1956 : Dr Jacques Comiti
1960 : M. Georges Bancal
1962 : M. Maurice Sorba
1964 : M. Henri Gantou
1967 : M. Joseph Charreyre
1970 : Dr Alain Costes 
...
1985-2013: M. Romain Verron
Quelques photos d'équipes ayant porté le maillot Gris & Noir
 

L'histoire de la section football du SMUC entre 1923 et 1973

I) LES SENIORS :

Au printemps de 1923, le SMUC est fondé avec trois disciplines de base : l’Athlétisme masculin, le Rugby, et le Football. Bien entendu, le football commence sa carrière dans la dernière série de la fédération en championnat de Provence 3ème série. 
De 1923 à 1929, le SMUC s’affirme, monte en 2ème puis en 1ère Série, avec les goals Astier, Bruneton puis L. Peyrassol et dans le champ les Alliès, Barrandon, J. Fabre, Dugelay, Grange, Emile Laurence, Malo, Remuzat, Santini, Santucci, Talleyrach qui deviendra international, des noms célèbres dans le monde du football et dans l’histoire du SMUC.
En 1930, les clubs devenant très nombreux, le district supprime les séries et du haut en bas de l’échelle nous avons la promotion d’honneur, la 1ère Division, la Promotion de 1ère Division, la 2ème Division et la 3ème Division.
Le SMUC inscrit en Promotion de 1ère Division, montera en 1932 en 1ère Division, puis en Promotion d’Honneur. Enfin en 1936 il jouera pour la première en Division d’Honneur de la ligue du Sud-Est.
Pendant une dizaine d’années, ont amené le football à ce stade, les gardiens : Ropiton, Divorne, Courvoisier, Larderet ; les arrières et demis : Vernet, Neri, Bancal, A. Dubois-Chagnan, Oppenheim, Antras, Brandi ; Vecchiio, Lacoustène, les frères Médupuy, M. Blanc, Gallet de Santerre, Torre, Aversa, Raymond Moracchini, V. Guieu (le Président de la ligue du Sud-Est), Louis Martin, Benhamou, Ben Amar qui, comme ministre tunisien, recevra plus tard notre équipe de Hand-ball.
Le SMUC va alors amicalement chez les plus grandes formations de la Côte d’Azur et du Languedoc (Nice, Cannes, Grasse, Alès, Nimes, Montpellier, La Grand-Combe) et s’inscrit au tableau d’honneur du Football Provençal.
Les anciens rappellent des matches mémorables : en Coupe de Provence, par exemple, contre châto, au stade de la Rose où le SMUC jouera jusqu’en 1935.
Au Jeux mondiaux universitaires de 1939, sont sélectionnés : Courvoisier, Dubois-Chabert et les nouveaux venus Faubert et Lena.

Mais cette date fatidique, avec la guerre, le football courbe l’échine, comme les autres disciplines, jusqu’en 1945.
De cette période on ne retrouve, ni archives, ni photos. C’est l’époque des « maries louises » et nous assistons à un renouvellement presque complet.
C’est à ce moment-là que le football aura pour quartier général un café encore… le Bar Glacier du cours Saint-Louis où officie le grand dirigeant Roger Sicard qui abreuvera pendant plus de dix ans, en des soirées mémorables, des hordes de Smucistes, tandis que Joanny Guérin les nourrissait en cette époque de famine, de tous les produits rares que recèle une charcuterie.
Le SMUC s’illustre malgré tout, fait une tournée en Corse à Pâques 1942, remonte en Division d’Honneur en 1943 et joue la finale de la Coupe de Provence à Cabannes contre l’A.C Arlèsien.
Parmi les noms dont certains brilleront longtemps au palmarès du SMUC, citons pêle-mêle les : Brusset, Rouvier (Babet pour tous), Camerini, J. Forer (qui sera international universitaire aux jeux mondiaux de 1947), Appaix, David, Boitard, Martinelli, A. Henry, Jauffret, V. Santucci, Mestre, Zouhir, Sarraquigne, Rigal, Cailhol, Vollaire, Piedinelli, Nekkache (qui deviendra pour un temps ministre algérien).
Après 1945, le SMUC s’étoffe d’équipes inférieures. En 1946, une de ces équipes obtiendra le titre de Champion de Provence de 3ème Division, en 1955 de 4ème Division, en 1956 de 2ème Division.
Jusqu’en 1963 ce sera la période faste du football. Cette date sera marquée par le départ du coach G. Bancal, après plus de 40 ans de bons et loyaux services rendus à la section, pour le poste de président délégué.
En 1951, l’équipe première rejoue pour une saison en Division d’Honneur. Dans cette période d’après-guerre se succèdent les goals : Dol, Racadot, puis Debay, Bonini, Briançon. Aux anciens joueurs, à l’éternel jeunesse sont venus s’ajouter : Comiti, Cerutti, Henri Biancheri qui embrassera la carrière professionnelle et sera international A, Collomb, les frères Davin, Molle, Gantou, Gras, Baudouy, Rabbia. Puis l’équipe sera revigorée par l’afflux des jeunes : F. Peri et Camoin, Altounian, Ricard, Maurice Aqueron, Cazals, F. Catani (qui a été international amateur et militaire en 1949).
Le 20 décembre 1953, en 32ème de finale de la Coupe de France, le SMUC rencontre une équipe professionnelle : le SOM de Montpellier. Soutenus par la chorale des basketteuses du président A. Henry qui avait joué le matin, par leurs coéquipiers Gasquet, Lindivat, Molle et Lutrin et par une poignée de Smucistes qui s’étaient déplacés, nos petits font merveille. Au bout de 10 minutes, Cazals envoie la balle dans les filets de Da Rui. Le goal Briançon, les autres défenseurs, Patino, Autes, Natalucci font un match héroïque ainsi que les demis Altounian et Pieracci. Les avants Riccard, Catani, Cazals contre-attaquent, tourbillonnent, débordent. Forer adresse des balles longues à Graziani qui file, passe Da Rui qui tombe à genoux en se signant. La balle rase le poteau et sort…Le match semble pourtant gagné, quand à 3 minutes de la fin, sur coup franc, puis corner, la balle échoue à un Somiste qui égalise. C’est l’écroulement de nos espoirs. La prolongation nous fut fatale et les crampes… Mais le SMUC s’était battu jusqu’au dernier souffle pour le football amateur et universitaire, en un match qui est sans nul doute le plus marquant de l’histoire Smuciste.
En 1953 les footballeurs eurent la joie de se déplacer en Yougoslavie.

A partir de 1954 et jusqu’en 1957, le Football émigre au stade de La Renaissance à Saint-André, pendant la réfection de Jean-Bouin. Le public nous adopte chaleureusement. De nouveaux joueurs arrivent des jeunes formés au club ont grandi : Brémond, Berton, Lubrano. Nous assistons à la rivalité de goals P. Péri, Duval. L’ex-béciste Descazeaux joue en même temps au rugby et au football. Vont venir successivement Gasquet, ouvière, Pieracci, Poulton. Des juniors s’affirment : H. Paquet, R. Santori et son frère, R. Aquaron. En 1956 le SMUC remporte le titre de Champion de Provence de Promotion A et mote en Division d’Honneur pour en redescendre, malgré une attaque qui sera la meilleure du groupe et d’excellents joueurs dont la moitié passeront professionnels.
Le règlement exige un entraîneur officiel. R. Lhen assumera le rôle pendant quelques années. Des universitaires viennent s’inscrire : l’Aixois Dupont, Les Bretons Le Guillou, Le Quinio.
Enfin l’ailier percutant J-M. Rodde entraîne au SMUC presque toute l’équipe de médecine, championne de France : Bartoli, Roux, Siméoni, le médecin contestataire dans son Ile, Poussardin, Coulon, qui sera tué en Algérie, Bertaux et le goal Costes qu’un accident à l’épaule contraindra par la suite de jouer dans le champ. 
Bientôt les gardiens de but seront Porrachio, Spigai qui jouera aussi dans la ligne d’avants. De nouveaux joueurs s’amalgameront aux moins jeunes : Ettori, Cazenove, Daumas. Mosca qui, déjà athlète, signe aussi au football. A partir de 1962 « le Grec » Priftis dit aussi « Tête d’Or » joue pour toute la durée de ses études de médecine en donnant à tous une leçon de fidélité au club. Par la suite avec Pratis et Matsos nous aurons un trio hellène. L’année d’après, le Hongrois Bobik nous apporte son grand talent.
En 1962, le président M. Sorba offre à ses footballeurs un déplacement en Corse !...pour les récompenser de ne pas être descendus…

Avec 1963 commence les années noires. Le SMUC pour la première fois descend en Promotion d’Honneur B, créée en 1951 au-dessous de la Promotion d’Honneur A.
Pourtant, en Coupe de Provence, l’équipe tient en échec Port-Saint-Louis-Du-Rhône qui opère en Championnat de France Amateur et succombe 2 à 1 aux prolongations. Les goals sont alors J-F. Fuillet et Nicolaï et aussi Balestié que l’humeur fantaisiste conduit tantôt au rugby tantôt au football.
Dés 1964n nous remontons en Promotion d’Honneur A. A. Biancheri et Jaselme nous reviennent. Nous avons pour un temps R. Peyrassol dans les bois, puis Chesnaud. Des jeunes pleins de talent gagnent leur place en première : R. Agostini, Moraldo, Jacky Appaix, Y. Gantou, Arène.
En 1966, sous l’égide de Catani, nos joueurs font un déplacement inoubliable en Allemagne. Mais l’année suivante nous retrouvons le purgatoire de la Promotion d’Honneur B. il ne faudra pas moins de deux entraîneurs patentés, A. Mori et L. Paris, pour pourvoir revenir en A, la saison suivante.
Tout le monde se souvient encore de ces matches homériques de fin de saison où l’équipe renforcée par David, Kazprzyk, Esposito, triompha de ses rivales et surtout de l’Arzdiv.
Mais de grands joueurs nous quittent. Borgarino reprend du service dans les bois. La Faculté des Sciences nous fournit quelques renforts, surtout Charrin et Bimbo Angeli, la Faculté de Droit Limouzy, de Médecine Didier Penverne. Enfin J-P. Lorenté, Délières, Gallaud qui entraînent avec lui les jeunes.
Malgré l’inlassable dévouement de Jaselme qui est Joueur-entraîneur, nous allons pour la troisième fois en Promotion d’Honneur B en 1971 mais au lieu de remonter l’année suivante, nous descendons encore et, pour la première fois, en 1ère Division. Nous ne faisons plus partie de l’élite, les journaux ne commentent aucun de nos matches.
Il faut bien avouer. Les temps ne semblent plus guère favorables aux exploits d’autan. Beaucoup d’étudiants jouent ailleurs, beaucoup de jeunes se dispersent quand le club les a bien formés.
Mais avec le SMUC il ne faut jamais désespérer. Les jeunes n’ont jamais été aussi nombreux et nous y retrouvons les descondants de nos anciens : les Brémond, les Catani, les Bartoli, Raybaud, Eric Costes, Yves Comiti et déjà le jeune J-P. Altounian joue en première.

(Bientôt la suite 1973-2023)


 
 
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